CONTRE LES DISCRIMINATIONS AU LOGEMENT

Mars 2025

À partir du 17 mars se déroulera la semaine de lutte contre les discriminations. Rencontre avec Sylviane Gauthier, conseillère municipale déléguée à l’Accueil et à l’Aide à l’intégration. 

Qu’est-ce que la semaine de lutte contre les discriminations ?

La programmation de cette semaine était un engagement de l’actuelle majorité municipale. Comme son nom l’indique, elle a pour objectif d’informer le grand public quant à différents types de discriminations à travers une série d’évènements. C’est, aussi, un moment de plaidoyers pour pousser à un changement de société. C’est, enfin, un moyen de sensibilisation des personnes quant à leurs droits et aux moyens à leur disposition pour les faire appliquer. Les années précédentes, nous avons abordé les thèmes des discriminations dans les domaines de la santé, de la culture et du travail. Pour cette quatrième édition, nous avons décidé de nous focaliser sur les discriminations raciales sur le logement. Sont au programme : la publication de témoignages de Fontenaysiens sur les médias sociaux de la ville. Une soirée cinéma gratuite au Kosmos, le 17 mars, autour du film Le Marchand de sable. Une exposition à la Maison du citoyen sur les mineurs non accompagnés occupant le théâtre de la Gaieté Lyrique (vernissage le 18/03). Pour terminer, le 21 mars, une rencontre-débat sera proposée en soirée à la Maison du citoyen, suivie d'un concert.

Pourquoi avoir décidé de consacrer cette édition aux discriminations raciales au logement ?

Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une discrimination qui impacte l’ensemble de la vie des personnes qui en sont victimes : l’emploi, la santé, l’éducation, la vie sociale, etc. Ensuite, parce que cette discrimination est encore beaucoup trop fréquente. Alors que c’est interdit et puni par la loi, une enquête de SOS Racisme a, par exemple, montré en 2022 que 25 % des agences immobilières (c’est-à-dire un quart d’entre elles !) acceptaient d’exclure les « profils dits noirs ou arabes » si le propriétaire du bien mis en location le leur demandait. La lutte contre les discriminations raciales au logement est un sujet vaste qui comprend de nombreuses problématiques comme le sort des mineurs non accompagnés, des travailleurs et travailleuses immigrés, voire sans papiers ou, encore, la lutte contre l’insalubrité. En effet, les marchands de sommeil visent particulièrement ces populations fragiles, démunies, qui n’ont pas d’autres choix.

La municipalité peut-elle, à son échelle, lutter contre ces discriminations ?

L’organisation même d’événements comme celui-ci est le signal que nous sommes vigilants sur le sujet. La semaine de lutte contre les discriminations est également un moyen de discuter avec l’ensemble des acteurs (municipaux, institutionnels, associatifs ou citoyens) d’actions que nous pourrions mettre en place à l’avenir (sensibilisation des bailleurs privés et des agences immobilières locales…). Nous essayons également d’informer largement les citoyens quant à leurs droits et aux soutiens qu’ils peuvent trouver pour les aider dans leurs démarches : les élus, qu’ils peuvent solliciter, les services municipaux comme le service Hygiène (en ce qui concerne les questions de salubrité des logements) ou, encore, les associations et institutions comme la défenseuse des droits qui exerce au Point d’accès aux droits et à la médiation. Enfin, plus largement, nous luttons au quotidien pour une vraie politique d’accès au logement pour toutes et tous en développant, notamment, le logement public. Même si nous ne disposons pas de beaucoup de leviers face à la pénurie produite par les politiques gouvernementales, nous œuvrons pour le droit au logement et l'application de la loi SRU (elle impose aux communes de plus de 3500 habitants un quota de 25 % de logements sociaux. Elle est très peu mise en oeuvre, faute de volonté de l’État). La construction massive de logements sociaux partout est indispensable.

Programme de la semaine de lutte contre les discriminations