
UN PASSÉ TROP PRÉSENT
Le 10 mai, sera commémorée la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage, et de leurs abolitions.
Savoir d’où l’on vient, pour voir où l’on va. Le 10 mai sera la 20e Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, en 1794, par décret du 2 février, suite à la révolution haïtienne, puis en 1848 avec le décret Schœlcher du 27 avril. Emeric Gomis, de l’association Un passé trop présent : « Les chaînes d’aujourd’hui, ce sont les injustices qui perdurent: la vie chère dans les Outre-Mer, leurs taux de pauvreté bien plus élevés qu’en métropole, les scandales sanitaires comme celui du chlordécone aux Antilles, les discriminations raciales, les formes contemporaines d’exploitation, les conflits armés, fruits de l’histoire coloniale, les fractures économiques d’un ordre mondial profondément déséquilibré... Nous appelons à la mobilisation le 10 mai pour mettre en lumière cette continuité entre l’esclavage historique et les formes modernes de domination, appeler à réinvestir un passé pas si révolu, pour révolutionner notre héritage historique commun. »
La commémoration de la municipalité et du collectif Un passé trop présent, débutera à 12h dans le bas du parc de l’Hôtel-de-ville, avec prises de parole à l’ombre d’Héloïse ou la fille des Trois Rivières, mémorial local de l'abolition des traites et des esclavages, œuvre de feu le sculpteur fontenaysien Maurice Cardon. À partir de 14h, le festival des artistes et citoyens contre l’esclavage prendra place, avec concerts et sound system. En parallèle, depuis plusieurs années la ville a mis en place un groupe de travail sur le dialogue des mémoires post-coloniales piloté par Louis-Mohamed Seye, adjoint au maire. Ainsi un partenariat entre la municipalité et le lycée Picasso a été établi afin que des élèves de 1ère participent à une rencontre le 6 mai avec Pascal Blanchard, historien, spécialiste de la mémoire post-coloniale, au cours de laquelle ils échangeront à partir de l’exposition Les zoos humains, l’invention du sauvage, qui revient sur la culture de l’exhibition des peuples colonisés et son corolaire la construction d’un regard oppressif (expo visible à la Maison du citoyen du 19 au 30 mai).
En 2025, par la loi mémorielle dite Taubira adoptée par le Sénat en seconde lecture le 10 mai 2001 (la première journée nationale a été fêtée en 2006), la France reste le seul État au monde à avoir reconnu la traite négrière et l’esclavage au rang des crimes contre l’humanité.
