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Décembre 2023

Que pensez-vous des commerces à Fontenay ?

Alors que les fêtes de fin d’année approchent, le commerce de bouche subit comme les particuliers le contexte économique. Nous avons voulu savoir ce qu’il en était…

« Je ne connaissais pas du tout Fontenay. C’est en découvrant le quartier que j’ai été séduit! » C’est ainsi que Taoufik est devenu gérant de La Boul’Ange de Ma-Mie qui a ouvert fin octobre au cœur du quartier du Village (7, place du Général Leclerc). Un véritable pari, au vu des temps qui courent ? « C’est vrai que c’est un investissement. Rien qu’en travaux, sans compter l’ameublement, il y en a eu pour 160000€. De plus, que ce soit au niveau de l’énergie ou des produits de base comme la farine, le beurre ou les œufs, tout augmente. » Son homologue des Mille Douceurs, situé sur le boulevard de Verdun renchérit : « Les clients font plus attention, consomment moins, d’après Thouraya, vendeuse. Les gens continuent à venir chercher leur pain mais achètent moins d’à côté comme les patisseries. » Du côté des Rigollots, Maëva du restaurant/traiteur O P’tit Marché de Maëva abonde : « En temps de crise, ce sont les petits plaisirs qui trinquent. J’ai la chance d’avoir une clientèle fidèle mais, tout ayant augmenté pour eux aussi, les gens font plus attention. Ne souhaitant pas réhausser mes tarifs, ce sont mes marges qui diminuent. C’est une question de respect pour mes clients: venir doit rester un moment de détente sans être pris à la gorge. Pour faire face, on innove. Par exemple, je suis désormais ouverte jusqu’à 21h du jeudi au samedi. » Dans un communiqué publié début novembre, l’Union des entreprises de proximité révèle que « le secteur de l’artisanat et du commerce de l’alimentation connait un recul sensible de 5,9 % en volume, avec une activité très dégradée pendant la période estivale. » Dans ces conditions, comment sauvegarder, voire développer le commerce de proximité à Fontenay ?

LA VITALITÉ DU PETIT COMMERCE

« Même si les compétences en matière de développement économique ont été transférées au Territoire, nous continuons à agir pour la vitalité du petit commerce à Fontenay, précise Samuel Muller, conseiller municipal délégué au Commerces de proximité et aux Marchés forains D’abord parce que nous (habitants, commerçants, agents et élus) avons l’expertise du quotidien. Ensuite parce qu’il s’agit d’un enjeu crucial pour la vitalité de notre ville, pour le lien social qu’il représente et pour améliorer le cadre de vie de tous ». Cependant, avant même les crises sanitaires et économiques, des freins avaient été constatés. « Le taux de vacance, hors centre commercial, est de 11,5 %, au niveau de la moyenne nationale. Fontenay ne dispose pas d’un véritable centre-ville mais de cinq pôles quasi-autonomes, avec leurs propres problématiques: le Village, Dalayrac/République, Moreau-David, les Alouettes, et Verdun/Gallieni, présente Ghilava Feizyzadeh, responsable du service Habitat et Développement local. Cela empêche la direction des flux vers un seul et même point. De plus, beaucoup de cellules commerciales sont vétustes ou ne répondent plus aux normes, notamment d’accessibilité. » 

Pour y faire face, la ville a mis en place différents outils parmi lesquels le périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité ainsi que le Contrat de renforcement artisanal et commercial (CRAC). « Ce dernier lie la ville avec la Société publique locale Marne-au-Bois pour (SPL), afin de développer le commerce, poursuit Mme Feizyzadeh. Lorsqu’un local se libère dans les secteurs concernés (Village et M.-David, Verdun, Dalayrac et Rigollots), la ville est prévenue et peut, si cela est pertinent et possible financièrement, demander à la SPL de préempter ce local grâce à une subvention communale (environ 115000€ par an) et ses fonds propres. » Donc, le droit de préemption permet, sous certaines conditions, à la ville d’être prioritaire sur une vente en cours au prix défini par les Domaines, service public dédié. Ce dispositif a d’ores et déjà permis le déménagement dans des locaux plus grands de deux commerces importants, Le Petit Marché de Maëva et La Brique Rose (élu meilleur commerce indépendant d’Île-de-France via la plateforme Petits Commerces) ainsi que l’installation de la pâtisserie Silax (qui a reçu la médaille de l’excellence artisanale de la part de la chambre des métiers et de l’artisanat d’Île-de-France). « Nous intervenons sur des locaux stratégiques qui justifient l’intervention publique, afin de préserver ou créer une dynamique, indique Santina Bertieux, responsable d’opérations à la SPL. Le CRAC nous permet de racheter les murs, de remettre les locaux aux normes et de les louer à moindre coût aux porteurs de projet. » Mais, au-delà de la préemption, un véritable travail de veille tout au long de l’année, et de négociation auprès des bailleurs est effectué notamment lors de la construction de nouveaux immeubles. « La question du commerce y est systématiquement prise en compte. C’est le cas par exemple dans l’opération dite Rabelais (av. Rabelais), où nous travaillons déjà à l’implantation de nouveaux porteurs de projets en rez-de-chaussée ainsi que dans le quartier des Alouettes (à l’est de la ville) où prochainement une boulangerie et une brasserie seront installées », souligne Mme Feizyzadeh.

LES LIENS ENTRE COMMERÇANTS

Le recrutement prochain par la collectivité d’un manager commerces/artisanat permettra, également, de répondre à une autre ambition de la municipalité : renforcer le lien avec et entre les commerçants. « Nous souhaitons accompagner en 2024 la structuration d’une grande association rassemblant l’ensemble des professionnels afin d’initier la rencontre entre eux, aller chercher des subventions et mener des actions de manière groupée, par exemple des animations commerciales, ce qui n’est pas facile quand on est seul, la tête dans le guidon », souligne M. Muller. C’est dans cette optique de créer du lien et d’innover ensemble que depuis plus d’un an la commune a lié un partenariat avec la plateforme Petits Commerces. « Elle permet aux commerçants d’accroitre leur visibilité numérique et aux Fontenaysiens d’acheter ou d’offrir des cartes cadeaux que l’on peut dépenser auprès des commerçants locaux. À Fontenay, une cinquantaine sont déjà inscrits. Nous renforçons, aussi, les liens avec la Chambre de commerce et d’industrie ainsi que la Chambre des métiers et de l’artisanat », renchérit l’élu. C’est l’un des enjeux majeurs : mettre en lumière la vitalité et la qualité du commerce de proximité par rapport à ses grands rivaux que sont la grande distribution et le commerce en ligne. « La boulangerie reste un lieu de réconfort, souligne Taoufik de la Boul’Ange. Si nous ne pouvons pas acheter en gros ou produire à la chaîne comme les grandes enseignes, nous avons des produits et du savoir-faire. » Pascal, caviste de la rue Dalayrac abonde : « Il faut rester optimiste: un tapis de caisse ne remplacera jamais nos conseils et les liens que nous créons avec les clients. Il y a ici un vrai rapport humain et en ces temps de solitude, les gens cherchent une lumière allumée, celle de nos commerces. »