FAUT-IL SE CHAUFFER AU BOIS ?

Octobre 2023

Le bois possède une grande capacité d'absorption du carbone, mais il contribue également à la pollution de l'air lorsqu'il est brûlé pour le chauffage.

Au début du mois de septembre, face à un épisode de pollution aux particules, le préfet de police avait annoncé deux mesures restrictives : la réduction de la vitesse maximale autorisée sur les routes et l'interdiction d'utiliser le chauffage individuel au bois. Cette dernière mesure était justifiée par le fait que celui-ci est responsable de 30 % de la pollution aux particules dans l'air. Le bois ne représente que 5 % de la consommation énergétique en combustibles pour le chauffage résidentiel, mais 84 % des émissions de particules fines. Dur à admettre, alors que l’énergie bois est vanté comme une ressource renouvelable et neutre en termes d’émission de CO2.

Le Plan d'action pour la réduction des émissions Issues du chauffage au bois en France du ministère de la Transition écologique, met en évidence les effets nocifs de la combustion du bois et de ses dérivés pour le chauffage. Il précise toutefois que ce n'est pas l'utilisation du bois en tant que ressource qui est en cause, mais certaines pratiques d'utilisation. Par exemple, une chaudière à bois individuelle performante pollue 14 fois moins qu'une cheminée ouverte et deux fois moins qu'un poêle ou un insert performant. Cependant, il subsiste des effets néfastes sur la santé et l'environnement. La combustion du bois émet divers polluants, dont le noir de carbone, le benzène, le benzo(a)pyrène, le monoxyde de carbone, les oxydes d'azote, ainsi qu'une quantité significative de particules fines (PM10, PM2.5) et de particules très fines (PM1.0), toutes préjudiciables pour la santé humaine. Cette pollution atteint des concentrations plus élevées lors des périodes de grand froid qui provoquent une accumulation locale de polluants.

De plus, «  l’affirmation selon laquelle brûler du bois est neutre en termes de CO2 ressemble à un mensonge par omission  », explique Anne Vienney, conseillère municipale déléguée à la Santé environnementale et au Bien-être. Se chauffer avec le bois nécessite d’abattre des arbres, les privant de leur capacité à absorber le CO2. «  Il y a une disproportion par rapport au temps que met un jeune arbre planté, pour atteindre la même capacité d’absorption du CO2 qu’un arbre mature coupé. Et lorsqu’on le brûle, tout le CO2 capté est relâché dans l’air.  » Et puis, un «  champ  » d’arbres ne représente pas la même valeur écologique qu’un écosystème forestier.