LE GRAND NETTOYAGE

Juillet 2023

Les vergers de l’Îlot qui ont rouvert leurs portes sont en pleine dépollution et vont recourir notamment aux plantes, un procédé novateur 100 % nature. 

Durant sept mois les vergers de l’Îlot, rue Guérin-Leroux, ont été fermés à clé et placés sous haute vigilance. Des analyses de la terre, effectuées en octobre dernier par la ville sur différents sites susceptibles d’accueillir de l’agriculture urbaine à Fontenay, avaient mis en évidence une pollution du sol. «  On a trouvé des traces de cuivre, de plomb et des polluants liés aux engrais notamment, qui datent de l’époque où le maraichage était soumis aux traitements chimiques, à la bouille bordelaise et aux boues industrielles pour la fertilisation, sans oublier le plomb rejeté par les moteurs à essence des voitures  », explique Frédérique Dethier, la présidente de l’association. Le ciel était tombé sur la tête des 280 adhérents qui bichonnaient en bio ce havre de verdure depuis 2002. Première décision imposée par l’Agence régionale de santé (ARS), un bouclage du site par crainte pour la santé humaine. Des analyses complémentaires sur les fruits qui servent à faire les confitures ont quelque peu rassuré ; les résultats étaient inférieurs aux seuils admis, sauf la rhubarbe.

Mais pas question de rouvrir sans des préconisations de l’ARS. «  Afin d’éviter tout contact direct des chaussures avec le sol, plusieurs centimètres de broyat ont été étendus sur les cheminements et les zones herbeuses ont été clôturées.  » La rhubarbe a été arrachée. Les activités pédagogiques de jardinage s’effectueront désormais hors sol, dans des bacs. «  Nous lançons un projet de phytoremédiation, qui consiste à planter certains végétaux dont les racines favorisent l'activité de micro-organismes dépolluants ou éliminent elles-mêmes les composés nocifs.  » Par exemple la renouée du Japon, le thym et le saule ont cette capacité. C’est aussi de la mycoremédiation, en recourant à des champignons. «  Nous allons devenir un site expérimental pour les laboratoires des Universités Paris est Créteil et Gustave Eiffel qui nous accompagnent dans le suivi de ce procédé novateur.  » De son côté, la ville effectuera deux analyses par an qui mesureront le niveau de dépollution. Mais dès le mois de septembre, les ateliers pédagogiques reprendront sur le site. Et puis arriveront les Journées du patrimoine…