PRÉSERVER LA BIODIVERSITÉ

Février 2026

Préserver la biodiversité

Oiseaux, insectes, reptiles, renards, hérissons… Depuis plusieurs années nous constatons que la faune sauvage est de plus en plus présente à Fontenay, notamment depuis le premier confinement (mars 2020) dû au covid. Comment la préserver et cohabiter avec elle ?

« Chauvons les souris ». C’est le nom d’un projet proposé pour la troisième édition du budget participatif dont le vote s’est terminé le 18 janvier dernier. Le principe est simple : installer, en ville, des nichoirs pour les cousines de Batman. « J’ai appris à être émerveillée par cette petite bête que je ne connaissais pas,nous dit Nelly, l’habitante à l’origine de l’idée. À cause de mauvaises croyances, elle est mal aimée. De plus, avec l’évolution de nos habitations comprenant de moins en moins de combles, elles ont du mal à se loger. Alors, avec ce projet, je voulais d’une part les aider et d’autre part, mettre en lumière cette bestiole, que les gens puissent apprendre à mieux la connaître.  » Les Fontenaysiens ont-ils voté pour ce projet ? Réponse le 5 février lors de l’annonce des résultats. Une chose est certaine : « Cette proposition pour le budget participatif est une bonne nouvelle en soi, s’enthousiasme Fabienne Beaudu, directrice du secrétariat général à la Ville en transition. Elle montre que les gens prennent à cœur la question de la biodiversité et s’intéressent au bien-être de la faune au-delà des animaux plus familiers. Chacun a sa place en ville. La chauve-souris est, par exemple, un très bon prédateur pour les moustiques nocturnes. »

FAUNE SAUVAGE VARIÉE

Mammifères, oiseaux, insectes, reptiles… Le territoire de Fontenay est peuplé d’une faune sauvage variée. « Nous essayons, au maximum, de préserver leurs habitats en leur offrant des espaces vivants (c’est-à-dire éloignés autant que possible des fameux "jardins à la française") pour que les animaux aient de quoi se nourrir et nicher », explique Mme Beaudu. Zachary Sauvageau, responsable de secteur Patrimoine arboré et Aires de jeu renchérit : « Nous adaptons, petit à petit, nos pratiques pour déranger le moins possible la faune sauvage. Par exemple en privilégiant le fauchage à la faux pour les gazons, l’utilisation de grelinettes plutôt que de motoculteurs pour le bêchage ou encore, en faisant appel à des gousses d’ail bio non-traitées pour dévitaliser des souches. Ce sont de petits gestes, peu chers et faciles à mettre en place que nous tentons de généraliser pour une gestion plus douce et raisonnée de nos espaces verts et, donc, plus respectueuse pour leurs habitants, les animaux. »

C’est dans cet esprit que, dès 2014, la ville a cessé d’utiliser des produits chimiques sur ses espaces publics. « Ces produits sont dangereux pour la nature, pour les animaux et pour l’humain. Nos destins sont étroitement liés », détaille Fabienne Beaudu. Car, Comme l’explique Florent Huon, chargé d’études naturalistes de la LPO Île-de-France, association de protection de la nature «  On ne peut se préoccuper de la faune sauvage sans se préoccuper de la flore sauvage, c’est un équilibre. Par exemple, favoriser la pousse de la grande ortie, c’est favoriser les 60 espèces de papillons qui dépendent de cette plante. Même chose pour le pissenlit : 94 espèces d’insectes peuvent l’utiliser. » D’où l’intérêt d’une gestion différenciée des parcs et jardins de la ville afin d’offrir différents habitats possibles. « Ne pas gérer tous nos espaces verts de la même manière permet d’y développer différents écosystèmes. Par exemple, la rivière sèche du parc des Carrières favorise l’apparition de reptiles, des lézards entre autres, qu’il est assez rare de trouver en ville en temps normal. De même que le bassin du parc de la mairie permet de trouver des espèces comme des grenouilles, crapauds ou libellules », nous dit Mme Beaudu. Zachary Sauvageau complète : « Nous créons, également, nous-mêmes des habitats. Par exemple des nichoirs pour les mésanges (prédatrices des moustiques tigres et des chenilles processionnaires), des petits tas de bois pour que des oiseaux ou de petits mammifères puissent nicher, etc. Nous faisons, également, attention de ne pas cloisonner totalement nos espaces pour que les animaux, par exemple les hérissons, puissent circuler ».

DIVERS PARTENARIATS

Afin de l’aider à développer une gestion plus respectueuse de la faune et, donc, de la biodiversité, la ville a noué des partenariats avec différentes associations. À l’image de l’Association Chats des Rues (ACR). « Lorsqu’une personne voit un chat errant, elle peut nous contacter,nous apprend Corinne, sa présidente. Nous soignons et stérilisons les chats que nous recueillons. À chaque fois que cela est possible, nous les proposons ensuite à l’adoption. Dans le cas inverse, nous remettons le chat sur site s’il ne dérange pas ou dans un autre lieu dédié: il acquiert le statut juridique de "chat libre". Ils peuvent, ensuite, compter sur un réseau de nourriciers pour en prendre soin. C’est une manière éthique de lutter contre la prolifération de chats errants (près de 11 millions en France) et la misère animale.  » C’est le cas, également, de la LPO. « Fondée en 1912, nous sommes une association reconnue d’utilité publique,présente Florent Hugon. «Depuis 2016, l’écoparc des Carrières est inscrit au programme Refuge LPO. Une démarche qui, en 2021 a été étendue à trois autres parcs de la ville : celui de la mairie, des Épivans et des Franciscains. Cela engage moralement la commune à mettre en place les actions de préservation de la biodiversité, définit par la LPO en fonction des milieux et des espèces inventoriées. La LPO aide la ville à la mise en place des actions et, tous les cinq ans, en fin de convention, effectue un inventaire. Le prochain aura lieu au printemps 2026 (un bilan sera rendu début 2027) mais, nous pouvons déjà voir que les gazons devenues prairies offrent au moineau domestique et au verdier d’Europe, espèces en déclin, de la nourriture sur l’écoparc des Carrières. L’extension du parc est une bonne nouvelle puisqu’elle va pouvoir offrir de nouveau milieux (par exemple des ronciers) et favoriser, nous l’espérons, l’apparition de nouvelles espèces.  »

DRÔLES DE RENCONTRES

« Je rentrais de soirée à Val-de-Fontenay. J’ai cru que c’était un chien à cause de la balle qu’il avait dans la bouche. On s’est trouvés nez-à-nez… Je ne savais pas quoi faire… Mais il a fini par partir en courant », nous raconte Coline*. « Je savais qu’il y avait des renards dans la ville mais je n’avais jamais eu la chance d’en croiser,se remémore Thomas*. Mais, depuis que je travaille le soir, j’ai pu en voir à deux occasions! La première, au niveau du parc de la mairie: j’ai vu ses yeux brillants dans le noir mais, en m’apercevant il a pris la fuite. La seconde, c’était dans la montée de l’avenue Rabelais. L’animal paraît très craintif et s’en va dès qu’il voit un être humain s’approcher. » À l’image de Coline et Thomas, de plus en plus de Fontenaysiens témoignent de rencontres avec des animaux sauvages que l’on n’avait, auparavant, pas l’habitude de croiser. Alors, comment vivre à leurs côtés ? « Ils sont la plupart du temps en recherche de nourriture ou d’un abri, nous informe Yannick Fremin, technicien en Santé environnementale à la mairie. Le premier des conseils que l’on peut donner est de ne pas les toucher à la fois pour leur bien-être et le nôtre puisqu’ils peuvent être porteurs de maladies. » Du coup, quels conseils peut-on donner aux Fontenaysiens qui souhaitent, eux aussi, contribuer au bien-être des animaux sur la ville et aider à développer cette biodiversité « Les espaces verts privés étant très importants, les citoyens ont aussi un grand rôle à jouer sur leur jardins et balcons. Par exemple, tolérer les plantes sauvages (indigènes) et/ou en planter (label Végétal local:www.vegetal-local.fr), bannir les produits chimiques, aménager leurs clôtures pour laisser passer les hérissons (un espace de 15x15 cm suffit), etc. Ceux qui le souhaitent peuvent même, avec leur balcon ou jardin, devenir Refuge LPO! » Et Nelly, de conclure : « J’aime entendre les oiseaux, croiser un renard ou un écureuil roux. Il y a tellement à observer! Nous avons besoin de ces animaux. Il faut apprendre non pas à s’affronter mais à cohabiter. »

[+] Plus D’INFOS : LPO : www.lpo.fr/la-lpo-en-actions/mobilisation-citoyenne/refuges-lpo/presentation
Service communal d’Hygiène et santé environnementale