
UN TONNEAU DES DANAÏDES
Les agents de la Propreté urbaine œuvrent chaque jour à l’entretien des voies, contribuant ainsi à la préservation du cadre de vie de Fontenay. Comme partout ailleurs malheureusement, leur travail se heurte aussi aux incivilités.
En poste dès 6 heures du matin, les agents arpentent les voies, tant communales que départementales, et assurent leur entretien. C’est un travail quotidien, par tous les temps, en toutes saisons, y compris le week-end sur la base du volontariat.
Auparavant chauffeur poids lourds, Mourad Mostefaoui est depuis treize ans cantonnier à la Propreté urbaine, secteur Plateau. Jour après jour, il entretient les rues : ramasse les déchets, vide les corbeilles, désherbe à la binette, signale les dépôts sauvages à son responsable de secteur. En cas d’épisode neigeux comme en décembre dernier, il déneige, en priorité les côtes et les abords des écoles. « Au fil des années, j’ai pris conscience que c’est un métier d’utilité publique, témoigne M. Mostefaoui. J’ai le sentiment d’être utile à la commune, à la société. Tous les jours, des habitants nous remercient pour notre travail. »
MALGRÉ LES INCIVILITÉS
En treize ans, néanmoins, Mourad Mostefaoui a vu grandir les incivilités. Ordures ménagères jetées au pied d’une poubelle vide ou à moitié pleine, dépôts sauvages de toutes sortes, pneus et gravats inclus. « Place Michelet, alors que les quatre poubelles sont presque vides tous les jours, il y a des déchets à même le sol, illustre l’agent. Une fois, une dame m’a dit: “Je ne vous vois pas souvent”. Je lui ai expliqué que si on ne se croisait pas, c’est parce que je passais avant qu’elle ne sorte. Nous travaillons tôt. »
Comme son collègue, Ali Kerrouche est ancien chauffeur poids lourds et travaille à la Propreté urbaine depuis treize ans. Le secteur Roulage, dont il est responsable, comprend 18 agents et divers véhicules : 2 compacteuses, 2 petits camions (VL : véhicules légers), 3 balayeuses, 2 laveuses et 1 camion crapaud (hydro-pelle pour ramasser les gravats, entre autres). Tôt le matin, M. Kerrouche établit le planning des agents, vérifie le Portail citoyen pour traiter les doléances, puis répartit les deux bennes : l’une pour le vieux Fontenay, l’autre pour le Grand ensemble. Le camion crapaud et les VL font la navette entre les deux parties de la commune. Les balayeuses sont quant à elles réparties par secteur : Ancienne-Mairie, Plateau – Hôtel-de-ville, Grand ensemble.
M. Kerrouche était d’astreinte lors de l’épisode neigeux : « Nous avons déneigé, effectué le salage. Cette année, nous avons fermé la rue des Quatre-Ruelles pour la déneiger en sens inverse (sinon, la voie était impraticable). De même pour la rue de Neuilly, avec l’aide de la Police municipale. »
« Chaque jour, je mesure l’utilité et l’efficacité des agents, souligne Karine Biarne, responsable du service. Heureusement qu’ils se mobilisent malgré les incivilités. C’est un tonneau des Danaïdes. Depuis plusieurs années, les campagnes de sensibilisation se sont développées, aussi bien au niveau national qu’au niveau local. Pourtant, les incivilités sont plus nombreuses; la crise sanitaire a décuplé ces comportements. Par exemple, en mars 2025, nous avions organisé une grande opération de nettoyage rue Jean-Macé, avec balayeuse, souffleuse, laveuse… Dès le lendemain, il y avait de nouveau des dépôts sauvages. »
Ali Kerrouche le confirme : « La charge de travail a beaucoup augmenté après la crise sanitaire, alors que la ville dispose d’une déchetterie. » Et Karine Biarne de conclure : « Je suis vraiment très fière de travailler dans ce service, avec ces équipes. »
« C’est réciproque! », répliquent de concert Ali Kerrouche et Mourad Mostefaoui.
