DÉFIER LA FATALITÉ

Mars 2026

Dans le cadre du 8 mars, le théâtre accueille la pièce Niquer la fatalité. Chemin(s) en forme de femme, qui appelle à se libérer du poids du patriarcat.

Quand on demande à Estelle Meyer d’expliquer le titre de son spectacle, Niquer la fatalité. Chemin(s) en forme de femme, voilà ce que répond la chanteuse-comédienne dans une interview du Théâtre 13, mise en ligne en janvier 2025 : « Niké en grec ça veut dire la victoire, c’est une déesse. Niquer la fatalité (…) c’est l’idée de tout exploser pour inventer une vie libre. C’est faire victoire sur nos prédestinations. C’est un dialogue avec la grande avocate Gisèle Halimi, qui est pionnière sur tous les dossiers de notre société et la première à parler de consentement. C’est grâce à elle que l’on peut avorter. C’est un dialogue entre les vivants et les morts, entre les femmes, pour que ce ne soit plus jamais une catastrophe d’être née fille mais une grâce ». Après avoir été nominée aux Molières 2025, la pièce mise en scène par Margaux Eskenazi, interprétée et conçue par Estelle Meyer, sera jouée le 6 mars au théâtre Jean-François-Voguet.

UN PARCOURS DE VIE

« Nous avions déjà reçu la chanteuse comédienne pour un showcase à la médiathèque lors du festival Les Aventuriers en 2016. Sa pièceNiquer la fatalité est un manifeste sur la question des femmes. C’est pourquoi nous avons choisi de la programmer dans le cadre du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Avec un format seul en scène,l’artiste polymorphe a choisi d’invoquer Gisèle Halimi, figure de proue de la défense du statut de la femme. Sur le plateau, la comédienne la fait apparaitre à travers un dialogue où elle met en regard son histoire personnelle », résume Chérifa Nait, responsable des Projets artistiques et de la Communication à la direction des Affaires culturelles. Sur scène, Estelle Meyer raconte des passages de sa vie, de l’enfance à l’adolescence jusqu’à présent, avec le récit de premières fois comme la découverte et l’exploration de son corps, mais aussi de traumatismes. Elle crée une proximité avec le public pour livrer son parcours teinté de révoltes.

LEVER LES BARRIÈRES

Quand l’artiste se pose des questions, elle interpelle Gisèle Halimi la faisant exister sur scène. «  Estelle Meyer s’inspire des combats de la célèbre avocate pour se créer son propre cheminement en révélant les grandes causes qui l’habitent, mais aussi en déstructurant tous les poncifs autour de la femme afin de se défaire des injonctions. La pièce mêle de la narration et de la chanson de manière très équilibrée, permettant de venir alléger les sujets abordés parfois difficiles », souligne Mme Naït. Peu à peu, s’ouvre la voie de l’émancipation possible. Le chant, la musique qui accompagnent le spectacle viennent marquer les étapes du parcours de vie de femmes invitant le public à se libérer des barrières, au profit de l’union. La comédienne explique pourquoi elle a souhaité s’entourer de musiciens, hommes, sur le plateau : «  C’était très important (…) que cette fête réparatrice se fasse ensemble, d’une façon alliée profonde, qu’on invente un nouveau monde. Le dernier chant du spectacle s’appelle Entendez-vous le chant des femmes? Pour que s’aiment enfin les hommes et les femmes. Nous avons besoin d’issues, ensemble.  »

[+] D’INFOS :Niquer la fatalité, chemin(s)en forme de femme (Dès 14 ans), le 6/03 à 20h, théâtre. Réservation