
ON N’A PAS PRIS LE TEMPS DE SE DIRE AU REVOIR

Rachid Bouali a passé son enfance dans une cité, près de Roubaix. Alors, lorsque celle-ci a été rasée, cela a été un « électrochoc devant un pan d’histoire qui se tourne. De la mienne, de celle de mes parents. Un pan de l’Histoire de France aussi. S’est alors posée la question: "comment ne pas tomber dans l’oubli?" », raconte l’auteur et metteur en scène. De cet effacement et de cette question est née la pièce On n’a pas pris le temps de se dire au revoir qui sera jouée les 12 et 13 mars au théâtre Jean-François-Voguet.
Seul en scène, l’artiste se livre à un exercice de théâtre de récit autobiographique. « La compréhension parents/enfants, la perte, l’identité: ses thèmes sont universels et peuvent toucher tout le monde, qu’on soit issu de banlieue ou non (la pièce a été jouée de Paris à Montréal). Sans être un cours d’Histoire, nous revisitons ensemble plusieurs périodes à hauteur d’enfant. Pour cela, nous avons mis en place une grammaire de lumières particulière pour que les spectateurs puissent se repérer dans le temps. » En lien avec la pièce et ses thèmes, depuis le 3 février, l’exposition Vivre sa cité est déployée au théâtre et ses abords. À travers des photos, des textes et des témoignages, elle propose une immersion au cœur de la vie de deux quartiers en évolution, Les Larris et La Redoute, en mettant en lumière le quotidien de ses habitants. Elle est visible jusqu’au 13 mars.