LE CLIMAT DÉBORDE

Avril 2026

Record de chaleur, inondations, feux de forêt, glaciers en recul : le bilan climatique 2024 publié par Copernicus confirme l’accélération du réchauffement en Europe.

En 2024, la tempête Kirk a paralysé les routes, fait déborder les rivières et provoqué des inondations catastrophiques, privant plus de 60000 foyers d’électricité et causant plusieurs milliards d’euros de dégâts. L’année suivante, ce sont la canicule et la sécheresse qui ont frappé la France : certaines régions ont dépassé les 40°C, et 36000 hectares sont partis en fumée dans le sud, en particulier dans l’Aude. L’hiver 2026, lui, restera dans les mémoires avec 40 jours de pluie consécutifs, entre mi-janvier et fin février, qui ont entraîné des inondations historiques dans l’ouest et le sud-ouest du pays.

DES NIVEAUX RECORDS

Tempêtes Xynthia en 2010 sur la façade ouest et Alex dans les Alpes maritimes en 2020, incendies en Gironde en 2022, inondations dans le Pas‑de‑Calais en 2023… Les années se suivent et la situation s’aggrave sur le plan climatique, en France comme ailleurs en Europe : le vieux continent reste en première ligne du dérèglement climatique. C’est la conclusion du programme européen d’observation de la terre Copernicus, réalisé en partenariat avec l’Organisation météorologique mondiale. Ce bilan dresse un état des lieux complet des températures, vagues de chaleur, inondations, incendies et évolution des glaciers.

Premier constat : 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en Europe depuis 1959. Les températures ont atteint des niveaux records, sur terre comme en mer. En Méditerranée, la surface de l’eau a dépassé d’environ 1,2°C les normales de saison, accentuant la chaleur marine et ses effets délétères sur les écosystèmes.

UN RECORD LOCAL

L’Europe confirme qu’elle reste la région du monde où le réchauffement est le plus rapide. Certaines zones ont été particulièrement touchées. Le sud-est du continent a subi une vague de chaleur de treize jours consécutifs, un record local. Le nombre de journées de stress thermique élevé - lorsque la chaleur ressentie dépasse les seuils supportables pour le corps humain - a atteint des niveaux inédits. Les nuits tropicales, durant lesquelles le mercure reste au-dessus de 20°C, se sont multipliées.

Les milieux naturels subissent également la pression du réchauffement. Les glaciers reculent rapidement, perdant jusqu’à deux mètres d’épaisseur en Scandinavie et dans les Alpes. Dans le sud, la sécheresse et la chaleur ont favorisé d’énormes incendies, comme au Portugal, qui ont détruit des dizaines de milliers d’hectares en quelques jours seulement.

En 2024, près d’un tiers du réseau fluvial européen a été affecté par des crues majeures, touchant des centaines de milliers de personnes et provoquant plusieurs centaines de décès. Les scientifiques rappellent qu’un air plus chaud retient davantage d’humidité, favorisant des pluies plus intenses et des événements extrêmes. Le climat varie selon les régions : l’Europe orientale a connu des conditions très chaudes et sèches, tandis que l’Europe occidentale a été plus humide et nuageuse.

Malgré ce tableau inquiétant, des signes d’adaptation apparaissent. Plus de la moitié des villes européennes disposent désormais d’un Plan d’action climatique, contre seulement un quart il y a quelques années. Mais les experts alertent : chaque fraction de degré supplémentaire augmente les risques pour les populations, les écosystèmes et les infrastructures. Ces chiffres rappellent avec force l’urgence d’agir !