
À ÉVA DE JOUER
Éva Grenouilloux, 21 ans, Fontenaysienne qui a donné ses premiers coups de patin sous les couleurs de l’USF, sera des Jeux d’hiver de Milan 2026.
Il y a dix ans, jour pour jour, À Fontenay consacrait un article à Éva Grenouilloux, 11 ans. Aux championnats régionaux, elle venait de triompher devant des garçons, dépourvue d’opposition chez les filles qu’elle était … Depuis, elle a fait son chemin sur terrain glissant : une médaille de bronze au festival olympique de la jeunesse européenne sur 1500 m, une autre avec le relais féminin aux championnats du monde universitaires… En attendant la suite, peut-être à l’accent de dolce vita ! Car Éva, à 21 ans, sera de Milan 2026, après une saison dingue au cœur du relais féminin de l’équipe de France, où tout s’est joué lors de la dernière course de la dernière épreuve de coupe de monde, dernière chance d’embarquer pour le mont Olympe... « Toute la saison a été très serrée avec les Polonaises pour arracher la dernière place qualificative du top 8. Avant l’ultime course, nous étions derrière au classement général. Il fallait qu’on les passe pour se qualifier et… on l’a fait! »
TOUT EST POSSIBLE
Les deux nations se sont retrouvées en finale B pour s’expliquer façon but en or. Avec elles, le Canada, nation phare du short-track. « On est parti fort en tête, suivies de près par les Canadiennes. Leur tactique était de patienter dans notre sillage avant de nous passer. En se protégeant elles, elles nous ont protégé nous. » Éminemment spectaculaire, le relais de patinage de vitesse sur piste courte est une épreuve qui peut vite virer au rocambolesque. Tout y est possible. C’est le chaos ! Les Françaises en savent quelque chose, sacrées championnes d’Europe, puis vice-championnes du monde en 2021, dans des courses à rebondissements, entre chutes collectives et pénalités. Deux patineuses de l’USF étaient de ce TGV tricolore : Aurélie Monvoisin, qui a raccroché (n° d’octobre 2025), et Gwendoline Daudet, qui se remet d’une opération lourde. Éva : « C’est une épreuve qui peut réserver des surprises. Nous ne sommes une menace pour personne. Nous allons tout faire pour surprendre! »
Le jour de l’officialisation de sa sélection le 21 janvier, Éva peinait à réaliser : « Mon père m’a rappelé qu’à 7 ans, après même pas une année de patinage, je lui disais que je ferai les Jeux. Je ne savais pas si j’allais continuer, où tout ça allait me mener, je n’avais aucune certitude… Le short-track est une discipline peu connue en France et peu soutenue. Mon père m’emmenait aux compétitions, payait l’hôtel, affûtait les lames à la section… Je suis partie à 13 ans au CREPS de Reims, puis à Font Romeu. Je devais gérer l’école, les entrainements, les déplacements... Tout cela m’a permis de m’émanciper et… Dix ans après, j’y suis! » Petite bombe qui aime à se faufiler, explosive et vivace sur la glace, en progression au contact de la coache chinoise de la Team Italie – depuis deux ans, l’équipe de France s’entraine à Bormio avec l’Italie, 2e nation européenne, car la patinoire de Font Romeu est en travaux – Éva concède devoir s’améliorer sur la gestion de ses émotions : « Aux championnats d’Europe, mi-janvier, on a fini 3ede la finale A, ma première d’un grand rendez-vous, mais on a été privées de médaille à cause d’un carton jaune! Frustrée, je suis partie pleurer dans mon coin… » On connait un autre Fontenaysien qui pleurait quand il perdait, finalement champion du monde : Blaise Matuidi. Et si l’on rêvait avec Éva ? « Je vais à Milan pour prendre de l’expérience, découvrir l’aventure olympique de l’intérieur, donner le meilleur... » Rendez-vous les 14 et 18 février devant la télé.
