
INDISPENSABLES ASSOCIATIONS
Alors que les associations jouent un rôle déterminant dans la vie sociale, leur financement ne cesse de diminuer. Mais la municipalité poursuit son aide en leur faveur.
« Avec une amie, on a créé Les Parent’ (aise), il y a un an. Nous sommes parties de notre situation de mamans solos avec comme constat le manque de temps pour souffler, c’est pourquoi nous proposons du répit aux parents », explique Éva Niederlaender. Cette nouvelle association fait partie des 300 actives que compte la commune. « On en totalise 742, mais certaines sont en veille, en cours de dissolution ou tout simplement autonomes », résume Christine Moreau, conseillère technique à la Vie associative à la mairie. Convaincue du rôle majeur que les associations exercent sur le territoire, la ville s’engage depuis de nombreuses années à leurs côtés, avec un soutien économique, matériel et humain.
UN SOUTIEN FINANCIER ET MATÉRIEL
« À Fontenay, le budget dédié est d’un million deux cent mille euros avec une part importante destinée aux associations sportives. Ces dernières, qui peuvent être de délégation de service public de l’État, regroupent généralement le plus de besoins et d’adhérents. Une autre part est consacrée aux autres associations et comprend des aides à projets, des subventions de fonctionnement mais également des conventions quand les financements sont plus importants. De manière générale, on essaie d’apporter un soutien financier à toutes les associations et nous restons très attentifs au respect de la loi 1901, qui préserve leur liberté et indépendance. De plus, du personnel communal est mis à disposition, ainsi que des équipements municipaux, comme le plus emblématique, la Maison du citoyen(ndr: cf. p. 44), mais aussi l’espace citoyen de La Redoute, les salles Parmentier et Gaveau, le nouvel équipement Rosa-Parks qui vient d’ouvrir aux Alouettes…. Et des structures sportives comme des gymnases, des stades, la patinoire ou la piscine, avec une amplitude horaire conséquente », précise Pascal Clerget, conseiller municipal délégué aux Finances, à la Vie associative et Rapporteur du budget. Avec un cadre agréable, et de nombreuses salles, la Maison du citoyen est très sollicitée par les associations. Une soixantaine d’entre elles y ont un créneau régulier. D’autres l’utilisent plus ponctuellement.
« C’est primordial d’avoir un lieu pour proposer nos activités. Actuellement une vingtaine de parents participent aux ateliers », souligne Mme Niederlaender. Si Les Parent’(aise) rencontrent un bon accueil, c’est que l’association correspond à une attente. Selon l’Insee, en 2020, 25% des familles étaient monoparentales. Pour sa présidente : « L’objectif est de créer à terme un réseau de solidarité entre parents. » Car en plus de répondre à des besoins actuels, les associations favorisent le vivre ensemble et construisent du lien social. C’est le cas du Collectif Solid’ère, crée en 2014 qui s’est constitué suite à l’accident d’un de leurs bénévoles, qui s’est retrouvé en situation de handicap. Depuis 10 ans, l’association sensibilise la population sur la question du handicap et œuvre pour l’accès aux sports. « En plus d’être présents sur de nombreux événements locaux, nous avons réussi à ouvrir, en partenariat avec le club de basket, une section handisport. La ville nous a aidés dans l’acquisition des fauteuils de compétition », souligne M. Abou du collectif, qui espère voir d’autres sections handisports s’ouvrir à Fontenay. Bien qu’elles constituent un ciment social indéniable, les associations sont de plus en plus fragilisées.
ASSOCIATIONS FRAGILISÉES
En plus de subir des difficultés financières, aggravées par les crises économique et sociale, elles accusent, selon le Conseil économique, social et environnemental, une baisse de leurs subventions, de 41 % entre 2005 et 2017. Les associations Fontenaysiennes n’échappent pas à ces coupures. La Fontaine à Mots, qui œuvre pour l’apprentissage du français pour les étrangers non francophones, accuse une suppression de son aide départementale de 3000€. « Cela nous met en tension et pose la question de l’augmentation de nos cotisations. Car si l’association fonctionne actuellement c’est grâce à son modèle économique: un secrétariat permanent à mi-temps qui nécessite des frais. Si nous ne maintenons pas cette stabilité, je crains que nous mettions la clé sous la porte », souligne son président, Frédéric Buffin. L’association compte 200 apprenants et 40 bénévoles. « En plus de subventions de 6000€ de la commune et 5000€ de l’État, un local nous est prêté par CDC Habitat, et nous disposons de salles gratuitement à la Maison du citoyen, ce qui nous permet de créer des groupes de niveaux et de proposer un apprentissage plus individualisé », poursuit le bénévole. Ces associations, notamment celles d’alphabétisation, sont d’autant plus vitales pour un certain nombre de ces adhérents, depuis le durcissement des lois pour l’obtention des titres de séjour qui nécessite la maitrise de la langue. Pour M. Clerget : « Les baisses et suppressions de subventions, notamment du Département, sont inquiétantes car elles concernent de nombreuses associations, notamment celles d’aide alimentaire. À Fontenay, depuis 2020, l’enveloppe budgétaire dédiée au monde associatif n’a pas bougé. Si nous ne pouvons pas pallier à ces baisses, nous souhaitons maintenir notre budget et ne pas réduire ou dégrader les moyens mis à disposition en direction des associations. »
