
DÉPASSER SES LIMITES
Le 21 mai, au théâtre Jean-François-Voguet, sera représentée Nos Abysses. Une pièce chorégraphique pleine d’énergie à la fois intime et universelle.
« Je serai là toujours pour toi n’importe où, quand tu voudras. » Celles et ceux qui ont grandi dans les années 2000 auront, surement, immédiatement reconnu ces paroles. « J’ai intégré cette chanson de Lorie au spectacle car il y a une double lecture: d’un côté, je m’adresse au public qui était enfant/ado à l’époque et qui peut la reprendre en chœur. D’un autre côté, c’est aussi une adresse à moi-même: “Je peux être ma meilleure amie” », nous explique Léa Deschaintres, chorégraphe et interprète. Cette scène, en corde à sauter, est en quelque sorte à l’image du spectacle Nos Abysses : une part d’intimité qui, mise en mouvement, en musique et en lumière, devient un message plus universel. « J’ai créé cette pièce après avoir raté une audition sur laquelle je misais beaucoup. J’ai voulu questionner la notion d’échec, qui est vu de façon très négative par notre société mais qui, finalement, permet d’évoluer et d’avancer, de rendre la vie moins plate. »
LÂCHER PRISE
Créée il y a près d’un an par la compagnie San.Toor, Nos Abysses est une pièce chorégraphique qui commence… par des paroles. « Je ne suis pas comédienne, je n’ai pas l’habitude d’utiliser ma voix. C’était donc une façon de me mettre en difficulté, de dépasser mes limites autrement que physiquement. Cette prise de parole est aussi une façon d’emmener le public avec moi. » Pour dialoguer avec lui grâce à un autre langage, celui de la danse. « C’est un moyen de faire passer des émotions encore plus grandes qu’avec les mots,confirme Léa Deschaintres. Il y a une grande place laissée à l’imaginaire: chacun fait sa propre lecture de ce qu’il voit. J’ai joué cette pièce devant des publics non-francophones. Les gens comprennent grâce à l’énergie et à la gestuelle. » C’est ainsi que, sans jugement ni leçon de morale, l’interprète arrive à aborder des sujets actuels et intimes comme la santé mentale, la féminité ou encore le rapport au corps. « Pour le titre de la pièce j’ai délibérément utilisé le pluriel. Nous avons tous des failles, une vulnérabilité… Des abysses. J’utilise beaucoup d’autodérision. Par exemple, en parodiant les cours d’aérobic des années 80 pour mettre en lumière cette recherche d’un corps parfait que, finalement, on ne trouvera jamais. » La mise en scène est elle aussi un contre-pied à ce qui serait attendu de la part d’un solo. « C’est plus difficile mais nous avons cherché à avoir le plateau le plus vide possible en partant du principe que, moins il y en a, plus l’interprète doit trouver des armes, des manières de combler l’espace. Nous avons misé sur la lumière pour apporter des nuances et aider à comprendre les atmosphères, sur des costumes qui pètent, sur une musique électro/house très entrainante écrite sur mesure. Avec mon co-chorégraphe, Ilario Santoro, qui vient plutôt de l’urbain, nous avons mélangé le classique, la pop des années 2000 et, aussi, le waking. C’est une danse très rigoureuse mais qui autorise un lâcher-prise. »
ATELIERS
En parallèle à la représentation de sa pièce, la chorégraphe a proposé, le 11 avril, un parcours danse. Et, jusqu’à juin, un cycle d’ateliers dont le but est de recréer Nos Abysses de façon collective et immersive. Une restitution publique aura lieu le 13 juin lors de la fête Culture et Sport du quartier de La Redoute.
[+] D’INFOS : dès 7 ans, 21/05 à 20h, théâtre J.-F.-Voguet. Tarifs et réservation
