L’AVARE COMPTE SUR VOUS

Février 2026

Les 11 et 12 février, L’Avare, mis en scène par Clément Poirée, du Théâtre de la Tempête, vous mettra, comme il se doit, à contribution.

Ce L’Avare est à voir ! Mais qu’on se le dise, alors on vous le dit : c’est un avare avare, élevé au carré, multiplié par lui, qui est à l’affiche du théâtre ce mois-ci. « On a voulu faire un avare radin », dit Clément Poirée, du Théâtre de la Tempête, qui a mis en scène – et en abîme – le célèbre rapiat de Molière ! Car cet avare-là compte sur vous. Et gare à vous, car le propre de l’avare est de savoir compter : wishlist a été déposée, distribuée avec chaque billet d’entrée, et pour le dire dans la langue de Molière, car il faut bien rendre à César, c’est un inventaire à la Prévert ! Les 11 et 12 février, 20h pile, vous êtes encouragé à apporter, au choix : abat-jour, ballons, casseroles, draps, écharpes, ficelles, gants de boxe, lampes de poche, masques, pantalons, rubans, what else ? Si ça peut faire plaisir, et puis ça débarrasse !

IL EST L’OR !

Avec L’Avare par Clément Poirée, vous serez donc bien plus que simple spectateur : régisseur. « On arrive en slip. Notre troupe de cigales crée costumes, décors et accessoires uniquement à partir d’éléments apportés par le public, puis tout est redistribué à des ressourceries après la représentation (ndr: l’association Habitudes et la collecterie de Montreuil). De fait, à chaque fois, nous inventons une pièce unique. » Une pièce ? Une pièce, encore une pièce, une en plus, une de plus, à amasser, comme les mille milliers de celles déjà accumulées là, dans vous savez quoi : la cassette ! « De la pauvreté nous faisons une richesse. Car la vraie richesse d’un spectacle, c’est sa troupe, son savoir-faire, son œil, son art. La vraie richesse c’est le partage. Il faut donner pour vivre et vivre pour donner. Notre pauvre théâtre est riche de son public. » Sur la scène, caverne d’Ali Baba ou vide-greniers, patchwork de bric et de broc à l’esthétique ZAD, on est dans la cérémonie quasi mystique, le presque potlatch, l’exorcisme consumériste grâce à cette vision hallucinée d’un théâtre participatif, circulaire et en circuit-court ! Ouverture d’une ressourcerie de l’inspiration ! Avènement d’une machine à recycler les objets, et les idées aussi ! « Harpagon est un gobe-monde. Il désire tout, son appétit est infini. Cependant, il prône la sobriété. L’avarice, ce terrible défaut, cette maladie de l’âme, prend des colorations plus positives à l’ère de l’économie circulaire et de la décroissance. »Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger, assène le chiasme archi célèbre de L’Avare, éloge de la frugalité ! Alors, Harpagon, antigaspi ? L’avarice recèle-t-elle l’élixir de l’abondance, le remède à la société de consommation, la fashion week et la fast fashion, le vaccin contre le capitalisme ultra libéré ? Le sort jette ses sortilèges ironiques… La bourse ou la vie ? La dépense ou l’épargne ? Harpagon s’épargne toute dépense de son pauvre argent, thésaurise son précieux, branché en boucle sur le cours de l’or… Un péché capital sauvera-t-il le monde ? Rien n’est moins sûr, et Harpagon, vieux patriarche patriarcal, dans l’amassement pour soi, veut s’arroger des amours post #MeToo et arranger des mariages forcés, régner sans partage, et, en même temps, être toujours élu… Pas de relais transmis, pas un pouce de centime cédé, pas la moindre seconde concédée… Le temps c’est de l’argent !

[+] D’INFOS : Les 11 et 12/02, 20h, théâtre. Dès 11 ans. Billetterie : culture.fontenay.fr ou 01 71 33 53 35.
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