LES DÉCOUVERTES, C’EST CLASSE !

Mai 2026

La ville propose aux enseignants des écoles de Fontenay de participer à des classes de découvertes, avec pour objectif que chaque élève puisse profiter au moins une fois durant sa scolarité de cette expérience.

« Je me rappellerai de ce moment toute ma vie, j’étais en CP à Édouard-Vaillant et je suis allée 3 semaines à Val–Louron (Hautes-Pyrénées) en classe de neige avec ma maitresse Marie-Thérèse », se remémore Laetitia, la quarantaine. Dernièrement, elle a pu partager ce souvenir inoubliable avec sa fille Lisa, qui est partie à son tour à la montagne, au Grand-Bornand. À Fontenay, les classes de découvertes existent depuis de nombreuses années, comme l’attestent des photographies des archives de la ville datant du début des années 20. Une mention sur celles de neige apparait dans le bulletin municipal d’avril 1954. Ces séjours font partie de l’ADN de la commune, et constituent un axe structurant des politiques municipales éducatives. Chaque année, ce sont entre 24 et 26 classes qui ont l’occasion de partir. Ces classes sont organisées en dehors du milieu scolaire habituel, en lien avec l’Éducation nationale. «  Les responsables sur ce dispositif restent l’enseignant et le directeur d’école. La ville met en place les moyens logistiques, humains et financiers à disposition pour l’organisation de ces séjours. Ils sont proposés aux écoles et se font sur la base du volontariat des professeurs  », précise Emmanuelle Pascal, responsable de la Coordination pédagogique et des moyens alloués aux écoles au service des Affaires scolaires.

UN SÉJOUR POUR TOUS

«  Mon fils n’est jamais parti durant sa scolarité, pourtant certains enfants ont eu la chance de faire plusieurs séjours de découvertes. Je trouve cela injuste! », confie une maman déçue. Afin de pallier à cette problématique, la ville a mis en place depuis la rentrée dernière la généralisation des classes transplantées. Jusqu’ici celles-ci étaient accessibles à tous les niveaux de l’élémentaire, du CP au CM2. Dorénavant, ces séjours seront uniquement proposés en CM1, permettant ainsi de flécher les enseignants volontaires sur ce niveau afin de maximiser les chances de partir pour les élèves. « Malgré les contraintes budgétaires qui peuvent peser sur les collectivités, nous considérons que l’éducation est une priorité. En 2019, nous avons mis en place une mesure d’égalité profonde: celle de la gratuité de ces voyages afin que l’argent ne soit pas un frein au départ pour les familles. Sur le mandat précédent, nous avons travaillé sur la généralisation de ces classes avec l’objectif de faire partir au moins une fois chaque élève durant sa scolarité. Sur ce nouveau mandat, nous travaillons sur un projet de classes dites aquatiques et internationales. De plus, nous restons attentifs sur la question de l’inclusion afin que tous les enfants quel que soit leur handicap puissent partir. Lorsqu’une difficulté est identifiée, un travail est réalisé avec l’enseignant, les services municipaux et l’inspection académique pour pouvoir s’adapter au cas par cas. Ces séjours éducatifs doivent être adossés à un projet pédagogique car la classe d’environnement ne se résume pas à la semaine sur place, mais elle s’étend à l’ensemble de l’année scolaire puisque les enseignants travaillent en amont, pendant et en aval de ces séjours », explique Vianney Orjebin, adjoint délégué à l’Éducation et au Programme de réussite éducative.

DES DÉCOUVERTES

Ces séjours se déroulent de janvier à juin, sauf un qui a lieu tous les ans en novembre à Camplong-d’Aude (Occitanie). Cinq classes de découvertes sont programmées en hiver, à la neige, au Grand-Bornand (Haute-Savoie), et trois autres se déroulent au printemps, à la mer à, La Turballe (Loire-Atlantique). «  Nous en proposons davantage à la montagne car le centre de vacances Les Airelles appartient à la commune, c’est plus facile de s’organiser car il y a du personnel sur place. Nous faisons toujours partir deux ou trois classes (sur la Turballe) qui proviennent d’écoles de quartiers éloignés afin de favoriser la mixité et le vivre ensemble. La durée du voyage est de 11 jours, ce qui peut parfois être frein pour les familles (notamment quand on faisait partir les CP) mais cela permet un vrai temps pour appréhender, se rencontrer et découvrir  », précise Mme Pascal. Les séjours au Grand-Bornand proposent de l’initiation au ski et la découverte du milieu de la montagne, avec au programme visites de la maison du patrimoine et d’une ferme pédagogique. En plus de ces activités, les enseignants organisent avec leurs élèves des temps de classe. Pour Aurélie Liovat, enseignante à l’école Victor-Duruy, qui se prépare à partir fin mai avec ses CM1 à La Turballe, c’est une première : «  Je souhaitais vivre de nouvelles expériences et permettre aux élèves de pratiquer pour de vrai et d’explorer les sciences car il y a un programme très intéressant sur cette discipline chez les cycles 3. Quoi de mieux que le terrain pour aller observer la vie marine? Ces classes sont aussi une aventure humaine car vivre ensemble la vie quotidienne permet à des enfants qui n’ont pas de frères et sœurs de partager une expérience nouvelle, de penser aux autres de s’adapter à des règles de vie différentes que celles de la classe.  » Aliénor 12 ans, partie à La Turballe, avec sa classe de CM2 de Pasteur, n’en garde que des bons souvenirs : «  J’ai adoré la pêche à pied, quand la marée est basse et qu’on récupère les coquillages à la main. Durant ce séjour, j’y ai découvert plein de choses et vécu des moments qui ont soudé la classe.  »

Cette année, deux nouveaux parcours ont été proposés sur les classes de découvertes. Un séjour ski nordique comprenant initiation au ski de fond et biathlon s’est déroulé au Grand-Bornand. «  Ces activités ont eu beaucoup de succès! C’était très chouette car nous étions en plein Jeux olympiques d’hiver et les enfants ont apprécié pratiquer la journée et regarder les épreuves sportives le soir  », note Carine But, directrice de séjour et classes d’environnement. Pour la première fois ce printemps, sera proposé à la Turballe, le dispositif Savoir Rouler à Vélo permettant aux enfants de bénéficier des apprentissages nécessaires à une réelle autonomie à vélo pour l’entrée au collège. Pour M. Orjebin : «  Ces séjours ne sont pas des temps de vacances, mais proposent une évasion qui s’inscrit dans une extension de l’engagement de la ville concernant le droit à l’éducation: on apprend autrement, activement, par le dehors, le concret, le vivant. »