
PIQÛRES DE RAPPEL
Voisin discret mais envahissant le moustique tigre s’est installé durablement en ville où sa prolifération appelle à une vigilance collective.
Petit, rayé noir et blanc, silencieux : le moustique tigre n’a, au premier regard, rien d’impressionnant. Pourtant, en quelques années, il s’est imposé comme un invité indésirable dès le printemps. Désormais présent dans 81 départements sur 96, sa propagation résulte de plusieurs facteurs conjugués. Le changement climatique, des printemps précoces, comme celui que nous connaissons, des étés plus chauds, des hivers plus doux et des précipitations irrégulières créent des conditions favorables au développement des larves, à la survie des adultes et à l’allongement de leur période d’activité.
REPRODUCTION
Contrairement aux moustiques « classiques », l’Aedes albopictus est actif en journée. Il vit au plus près des populations et pique principalement au niveau des jambes. Son terrain de prédilection : les zones urbaines denses, où il trouve d’innombrables lieux pour se reproduire. Car il lui en faut peu. Une soucoupe sous un pot de fleur, un arrosoir, une gouttière encombrée, un récupérateur d’eau ou encore le réseau d’eaux pluviales suffisent à accueillir ses larves. La majorité de ces gîtes se niche dans les jardins, sur les balcons ou dans les cours d’immeubles.
À l’échelle locale, la ville surveille particulièrement certains sites : le parc des Épivans, en raison de son couvert végétal, le parc Dulcie-September, zone inondable, ainsi que les jardins partagés avec leurs réserves d’eau. Des actions concrètes sont engagées. « Depuis la mi-avril, nous avons installé 120 pièges dans les écoles, les crèches, les parcs et les squares, que nous relevons toutes les trois semaines », explique Yannick Frémin, du service communal d’Hygiène et de Santé environnementale (SCHSE). La municipalité exclut toute démoustication de confort. « Les produits utilisés, à base de pyréthrines, ne sont employés qu’en cas de risque sanitaire avéré, et uniquement avec l’accord de l’Agence régionale de santé », précise-t-il. Dans des zones ciblées, comme autour des fontaines, des traitements ponctuels au bacille de Thuringe — un insecticide biologique — sont réalisés. Par ailleurs, un courrier annuel est adressé aux bailleurs sociaux et aux associations de jardins partagés afin de les sensibiliser. Une cartographie du moustique tigre est également en cours d’élaboration, à partir des signalements des habitants.
L’AFFAIRE DE TOUS
« Si la commune agit, la lutte repose en grande partie sur les habitants, car 80 % des sites larvaires se trouvent chez des particuliers », rappelle Yannick Frémin. Quelques gestes simples permettent de limiter sa prolifération : supprimer les eaux stagnantes, nettoyer régulièrement gouttières et évacuations, couvrir les récupérateurs d’eau ou encore ranger tout objet susceptible d’en retenir. Favoriser la biodiversité locale est une bonne alternative, en attirant ses prédateurs naturels, comme les libellules, les mésanges ou encore les frelons européens. Car derrière cet insecte minuscule se cache un enjeu de santé publique. Le moustique tigre est en effet capable de transmettre des maladies telles que la dengue, le chikungunya ou le Zika. Des cas de contaminations locales sont recensés chaque année. Sa présence interroge plus largement l’adaptation des territoires face aux effets du changement climatique. Discret mais bien installé, le moustique tigre est devenu le symbole d’un environnement en mutation et d’un défi collectif à relever.
[+] D’INFOS : service communal d’Hygiène et Santé environnementale : schs@fontenay-sous-bois.fr ou 01 71 33 52 90. Information sur le moustique tigre
