
UN BEL AVENIR
Actrice fontenaysienne de 24 ans, sémillante et talentueuse, Anja Verderosa a joué l’an passé dans son premier long-métrage, L’Épreuve du feu, réalisé par Aurélien Peyre, un succès public et critique. Depuis, les projets s’enchaînent.
Ses premiers pas sur les planches, c’était à l’Espace Gérard-Philipe à seulement 6 ans. Anja Verderosa y prenait des cours de théâtre. « J’ai voulu être comédienne en découvrant les films de Louis de Funès, évoque-t-elle. Quand j’ai appris qu’il était mort, je me suis dit que c’était beau de transmettre les films de génération en génération. » Vers l’âge de 15 ans, Anja intègre l’atelier fontenaysien CinéMixCité, mené par la comédienne Valérie Da Mota et le réalisateur Bourlem Guerdjou. « Je continue d’ailleurs à participer aux stages qu’ils organisent », précise l’actrice. Puis, après trois ans de cours Simon, Anja répond à une annonce sur Instagram pour jouer dans la série Skam. Une première expérience qui lui a permis de se dire que « c’était possible ». En outre, sa meilleure amie, Zoé Garcia, avec qui, elle était en classe Cham au collège Joliot-Curie, a tourné dans Skam elle aussi.
L’ÉPREUVE DU FEU
C’est une étape décisive lorsque que le producteur Bruno Levy lui propose de passer le casting de L’Épreuve du feu. Initialement prévue pour le rôle de Colombe, elle sera Queen finalement. « Le personnage est mon opposé sur plein de choses, dit Anja. Mais je me considère moi-même comme extravagante et, comme Queen, ça m’est arrivé de me sentir jugée. »L’Épreuve du feu aborde le mépris de classe au travers d’une histoire d’amour entre Queen et Hugo, interprété par Félix Lefebvre. « Il est exceptionnel! s’enthousiasme Anja. J’ai eu beaucoup de chance de l’avoir comme premier partenaire au cinéma. » La rencontre avec l’équipe du film, au cinéma Le Kosmos, le 5 septembre dernier, a été pour elle un temps fort, joyeux et quelque peu troublant : « J’allais au Kosmos quand j’étais enfant, c’est là où j’ai vu mes premiers films au cinéma. Au début, c’était un peu déstabilisant de se trouver dans cette salle. En tout cas, le film a été très bien reçu! » Lorsqu’on lui demande quelles seraient ses envies à présent, le petit temps de réflexion qui s’ensuit n’exprime pas un quelconque flottement, mais révèle au contraire l’effervescence de projets, un vif désir de création. Anja souhaite continuer à jouer, bien sûr, mais pas seulement. « J’ai commencé à écrire un scénario de long-métrage,lance-t-elle avec passion. J’ai aussi envie de réaliser. » Cet été, elle a joué dans À bientôt quelque part, réalisé par Armand Foëx et Clément Devilliers, tandem de cinéastes dont c’est le premier long-métrage ; pour autant, ils ont plusieurs courts-métrages à leur actif, disponibles sur leur chaîne Youtube Les Films Pastel. Et en octobre, elle tournera dans le prochain film de Judith Godrèche, Mémoire de fille, adapté du roman d’Annie Ernaux. « Des rôles très différents de Queen, indique Anja. J’ai surtout envie d’interpréter des rôles variés. Et j’aimerais faire des films d’époque. » Si Anja adore le cinéma français - elle admire le travail de Sophie Marceau, d’Adèle Exarchopoulos, ou encore, de Vanessa Paradis -, le fait de jouer dans une autre langue lui plairait également. « J’ai été élevée par les films de Tim Burton, confie l’actrice. Ce serait un rêve de tourner avec lui. » Dès lors, se dévoile une évidence pour qui est familier de l’œuvre du cinéaste : au-delà d’une jovialité manifeste, Anja a sans conteste une physionomie burtonienne, et serait idéale pour incarner le type de mystérieuses héroïnes peuplant les contes d’Edgar Allan Poe.
