AU CŒUR D’UN PROJET GLOBAL

Octobre 2023

La ville a fait le choix de se doter d’un Projet alimentaire territorial, labellisé dans le cadre du Programme national pour l’alimentation. 

«  Les projets alimentaires territoriaux (PAT) ont l’ambition de fédérer les différents acteurs d’un territoire autour de la question de l’alimentation, contribuant ainsi à la prise en compte des dimensions sociales, environnementales, économiques et de santé de ce territoire.*  », présente le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire. Un PAT est généralement déployé à l’échelle intercommunale. Cependant, pour une plus grande pertinence, la ville a souhaité que le sien soit communal. En Île-de-France, seules deux communes ont leur propre PAT : Gennevilliers et Fontenay. Et celui de Montreuil est en projet.

Un PAT présente de nombreux avantages. Il permet de constituer un réseau, d’obtenir des financements, ainsi qu’une aide en ingénierie technique, mais aussi d’être identifié pour devenir un territoire d’expérimentation. «  Le PAT est un outil de mutualisation des connaissances, précise Narimane Amer, cheffe de projet Plan alimentation territorial. Et les acteurs locaux pourraient travailler ensemble dans le cadre d’initiatives communes.  »

DU CONSTAT AUX ACTIONS

Sept thématiques, connectées les unes aux autres, ont d’ores et déjà été identifiées : restauration collective ; économie alimentaire (commerces de bouche, restaurants, marchés forains, épiceries) ; lien à la terre (agriculture urbaine, retour sur le passé agricole de Fontenay…) ; solidarité alimentaire (état des lieux des organismes de solidarité : Les Restos du Cœur, l’épicerie sociale, les AMAP**…) ; santé et bien-être (lutte contre le plastique, les perturbateurs endocriniens, le marketing alimentaire…) ; sensibilisation (éducation au goût et communication pour acculturer la population) ; gestion des déchets et gaspillage alimentaire (pesées dans les offices scolaires, travail en perspective avec les commerçants de la commune…).

Le diagnostic vient d’être finalisé. La phase suivante est le lancement du plan d’action. Un bureau d’études, Vizea, a été chargé de l’élaborer et de définir dix petites actions à mettre en œuvre dès 2024, ainsi que les grandes orientations pour les prochaines années. «  Bien sûr, la municipalité porte déjà des objectifs clairs en la matière, souligne Narimane Amer. Fontenay est très avancée par rapport à d’autres communes. Dès 2010, par exemple, des produits issus de l’agriculture biologique étaient intégrés dans les menus scolaires.  » De plus, avant même la loi EGALIM, la commune était au-dessus de 20 % de bio et de 20 % de local. Fontenay atteint désormais 53 % de produits issus de l’agriculture biologique (en valeur d’achat), et continue de développer les filières locales : avec un pêcheur de Port-en-Bessin qui pratique la pêche côtière et fournit les cantines fontenaysiennes en poissons frais, avec la Bergerie de Rambouillet, avec la Coopérative Bio d’Île-de-France… «  Tout ce que nous mettons en œuvre sur ces sujets est d’ailleurs reconnu, indique Mme Amer. Fontenay a obtenu le Prix des Victoires des Cantines Rebelles en 2019 et, depuis plusieurs années, est labellisée Ecocert “En cuisine” niveau 2 carottes.  » Une action importante a été lancée récemment par le service Restauration, en partenariat avec le Village Potager, créé par un couple de Fontenaysiens et situé à Saint-Pierre-lès-Nemours. Des élèves d’élémentaire de Fontenay iront plusieurs fois dans l’année au Village Potager pour apprendre à semer, à entretenir la végétation, pour se rendre compte des cycles de la nature et du travail de la terre. Il y aura des ateliers d’éducation au goût et de découverte des métiers agricoles. Beaucoup d’enseignants se sont portés volontaires pour participer à ce projet.