PAS A SEC DE SOLUTIONS

Juin 2023

À une sécheresse hivernale succède un printemps arrosé, cependant insuffisant pour recharger les nappes phréatiques. Le service Espaces verts de la ville s’efforce de s’adapter à ces conditions dégradées en adoptant des nouvelles pratiques de gestion du patrimoine végétal.

55 mm d’eau dans le pluviomètre des serres municipales. C’est la quantité tombée durant la première décade de mai dernier sur Fontenay, soit davantage qu’en 2022 à pareille époque. Une bonne nouvelle ? Oui, mais attention à l’effet trompe-l’œil. Dans une météo normale, il n’est pas surprenant qu’il pleuve abondamment en avril et début mai. Mais ce n’est plus le cas depuis plusieurs années, comme le montre le bas, voire très bas, niveau des nappes phréatiques en France, région parisienne comprise. Au printemps, l’eau de pluie est principalement absorbée par la végétation en pleine croissance. Ce qui s’infiltre en profondeur ne suffit pas à recharger les nappes. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a publié une carte des régions menacées par une nouvelle sécheresse estivale, classant l’Île-de-France en rouge, c’est-à-dire avec le risque de pénurie le plus élevé.

DE NOUVELLES PRATIQUES

La chaleur, la canicule, la sécheresse, le dérèglement climatique malmènent la faune, la flore, mais également les jardiniers du service municipal des Espaces verts, responsables de l’entretien du patrimoine végétal communal. Le constat ne date pas d’aujourd’hui et des pratiques nouvelles de gestion sont déjà mises en œuvre depuis plusieurs années, visant notamment à économiser les ressources en eau, et à aider les plantes à mieux résister. Le paillage des massifs, qui conserve l’humidité du sol et l’enrichit, est devenu systématique. On plante aussi des variétés moins gourmandes en eau. Des champignons rétenteurs d’eau sont cultivés au pied d’arbres et dans les jardinières. D’autres jardinières ont le fond tapissé de billes qui libèrent progressivement un gel hydratant. De plus en plus d’arbres, comme le cèdre dans le parc de l’Hôtel-de-ville et un hêtre dans celui des Franciscains, sont entourés de barrières pour éviter les piétinements qui compactent le sol. Les robiniers, victimes de la sécheresse, ont un retard de croissance d'un an et produisent leurs feuilles plus tardivement. La croissance des bulbes dans les massifs est perturbée.

«  Le rapprochement des épisodes de sécheresse ces cinq dernières années fragilise les arbres tels que les marronniers, les bouleaux et les pins noirs, les rendant plus vulnérables aux attaques d’insectes et aux maladies  », explique Ludovic Goubier, responsable du patrimoine arboré. De nouvelles pratiques sont privilégiées pour accroître leur capacité de résilience. «  Les arbres sont de moins en moins taillés. Sauf exception, nous n’en plantons plus au printemps et avons reporté à l’automne une commande prévue en février dernier  », précise-t-il. Une réflexion est en cours sur l’installation de récupérateurs d’eau sur des bâtiments publics. C’est déjà le cas dans le jardin pédagogique de l’école Jules-Ferry. «  Même des arbres anciens et pourtant bien enracinés souffrent, c’est pourquoi nous commençons à enlever le bitume au pied des troncs de certains spécimens dans les cours d’école, comme à Jean-Zay  » Des solutions, novatrices ou expérimentales, sont testées pour préserver au mieux le patrimoine arboré de Fontenay et ainsi, protéger directement la population des chaleurs excessives.